Pretty Girl








Oui, je suis toujours en vie. Hahaha !

Je sais. Je sais. Ça faisait trop, trop longtemps que je n’avais pas écrit une histoire. Un énorme désolée. J’étais en effet trop noyée de travail pour en créer une. Mais, oui, je suis de retour. Ce n’est pas parce que je suis plus disponible. En revanche, c’est tout simplement une réalisation que je peux, jour par jour, compléter un conte. Après tout, petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Pour m’excuser, je vous offre cette petite histoire d’amour inspirée par un couple que je connais bien et mon amour pour la musique West Coast. J’espère que vous aimerez cette offre de placation.

Oh, et mon français doit s'améliorer. Je sais.
**
« Ah ah ah ! Oui, tu as raison ! »


Jean-Michel  regarde la réponse dans une boule blanche de la personne à qui il parle sur Facebook Messenger et puis, sans le faire exprès, jette un œil sur son petit avatar. Inconsciemment, un sourire commence à former sur le visage du comptable.

« Alors, qu’est-ce que tu as fait ? » tape Jean-Michel.

« Souffrir, tout simplement. Après tout, c’était l’anniversaire de Gwendoline. Cette soirée-là, je n’ai pu que rester malgré toutes les chansons infernales de Taylor Swift passées. »

« Tu deviens une sainte ! MDR ! »

« Ah ah ! Mais, non. Ce ne sont que les devoirs d’une bonne amie. »

« Peut-être, mais, ça serait allé mieux si tu lui avais donné un cadeau pour son anniversaire : une éducation musicale ! Ah ah ah ! »

« JEAN-MICHEL GUILLAUME DAVID DELACROIX ! »

Il mord sa lèvre inférieure. Ugh, bien sûr que c’était trop.

« Non, non, écoute, Iris. Je sais. C’est trop méchant. Déso… »

« Ne dis pas à personne mais c’était exactement ce que j’ai pensé à ce moment. Mais, bon, il me faut rester amical.  Ah ah ! »

Jean-Michel glousse tout en hochant la tête. C’est à ce moment où il réalise que le sourire béat qui s’est formé il y a quelques minutes est bien resté sur son visage.

Depuis le moment où il a rencontré Iris Alexandre dans une fête d’anniversaire entre collègues ---elle qu’il a trouvée dans le jardin, en train d’entourer la date d’un concert sur une publicité dans le journal --- Jean-Michel commence à avoir hâte d’aller au travail. Bien qu’ils travaillent pour deux services différents du même magazine – lui, pour la comptabilité et elle comme journaliste, ils déjeunent toujours ensemble, chacun partageant un petit morceau de sa journée. Toute la journée au travail, les deux échangent des messages, des blagues privées et, bien sûr, des chansons --- la musique est une passion commune pour les deux, après tout. Le week-end, les deux continue à parler sur les réseaux sociaux bien qu’ils aient leurs propres groupes respectifs d’amis. En effet, les deux sont devenus inséparables et Jean-Michel est complètement sûr qu’il a trouvé un ami, un chez lui, en Iris.

Et, oui, c’est effectivement étonnant. Au premier regard, il semble qu’Iris et Jean-Michel appartiennent à deux mondes entièrement différents, mais depuis leur rencontre, il ne sent que très bien à l’aise avec elle. Peut-être, leurs passions partagées aident à combler le fossé entre leurs deux mondes. Peut-être, c’est son humour un peu intellectuelle, similaire à la sienne, qui faire les deux s’entendre magnifiquement. Peut-être, c’est son cœur d’or et son sourire sincère – comment ses yeux brillent quand Jean-Michel lui achète un café crème, comment elle est toujours à son écoute même si son problème est, en fait, où trouver un bon camembert satisfaisant ses goûts normands, comment elle fait des sessions de tutorat en français gratuitement chaque mardi soir, comment elle n’a que des compliments et des encouragements à dire à tout le monde. Peut-être, c’est sa prévenance – comment elle prépare un deuxième sandwich pour lui connaissant son appétit de loup, comment elle lui écrit des messages d’encouragement quand il est débordé de travail, comment elle lui partage ses chansons coup de cœur, la musique étant leur plus grande passion partagée, surtout de leur groupe préféré, Atlanta Rhythm Section. Peut-être, c’est son rire d’éclats….et ses yeux bleu turquoise luisants….et ses cheveux châtain ondulés…et sa taille fine…

Jean-Michel hoche sa tête. Oui, il doit admettre, depuis déjà un an, il n’y a qu’Iris dans sa tête. Chaque fois, il la voit au boulot, son cœur fait toujours la roue et un sourire béat toujours se forme. En revanche, elle, elle ne sait rien. Elle n’a aucune idée de nuits blanches de Jean-Michel passées tout en rêvant d’être avec elle ou de la tenue il a préparée pour le jour où --- on ne sait jamais --- ils sortent ensemble pour la première fois.

Mais, peut-être, tout changera aujourd’hui.  Dès le moment où il a réalisé qu’il est amoureux d’Iris, il a planifié de lui envoyer un message d’invitation pour sortir. Chaque fois, il a fait machine arrière. Mais, aujourd’hui, pour une raison ou une autre, il se sent qu’il est grand temps.

Il soupire pendant qu’il tape son message.

«Euh, d’ailleurs, Iris, est-ce que tu fais quelque chose samedi ? Il y aura un petit concert de jazz promettant au Parc Monceau. Puis, on peut dîner. Dis-moi ce que tu en penses. »

Jean-Louis relis le message.

« Okay, c’est casuel mais pas trop, » il chuchote. « Ça ira. »

Il déplace son souris sur le mot « Envoyer ». Ça y est, après des mois où il imaginait inviter Iris à sortir. Il verra enfin s’il y a une chance pour eux deux.

« Mais, peut-être, un peu de musique pour m’encourager. »

Il allume la radio sur son bureau et cherche sa station préférée. Immédiatement, les souches de guitare d’un titre que Jean-Michel connaît très bien et qu’il a grandi en écoutant se passe. Il grimace pendant que les paroles remplissent l’air.


Go away from the pretty girl’s window
You’re only wasting time
Silly boy, you should know better
You’re out of your mind

Close your eyes when she wears that sweater
Pay no attention to the way it fits
And throw away that silly love letter
She’ll never answer it

Jean-Michel rumine sur les paroles. Oui, il a toujours su que sa chance auprès d’Iris était minuscule, voire microscopique. Des années au lycée et puis, à l’université où toutes les filles qui lui plaisaient avaient ri ayant découvert ses sentiments ont inscrit dans ses souvenirs que les filles comme Iris --- rayonnantes,  charmantes, indéniablement jolies – ne considèrent pas les geek comme lui comme amoureux. Même dans sa tête, il avoue qu’il est difficile d’imaginer Iris dans ses robes de marque dans le bras d’un homme qui oublie parfois de repasser ses chemises. Oui, peut-être que sa chance d’être avec Iris ne qu’un seul et moindre pourcent.

…Mais il n’y a quand même une chance. Il faut considérer que parmi toutes les femmes dont Jean-Michel est jamais tombé amoureux, c’était seulement Iris qui lui a donné une opportunité pour fonder la belle amitié précieuse qu’ils ont maintenant. Il y a aussi leurs passions partagées, les fous rires entre les deux, tous les conseils et tout l’encouragement qu’elle lui donne chaque jour. Iris n’est pas une inconnue.

« Il faut oser, n’est-ce pas ? » il se dit. « Après tout… »

Pretty girls fall in love at the drop of a hat
Then, they fall out of love just like that
(Leave her alone, Boy)

Soudainement, une pression se forme autour de son cœur. C'est comme si on volait tout l'air dans son bureau. Son esprit tourne vers les après-midis, des pauses déjeuners parlant d’eux.

Son esprit tourne vers Nicolas, un médecin qu’Iris a rencontré et le cousin de Séverine, une autre journaliste pour le magazine. Jean-Michel ne peut pas oublier ses grands yeux aussi bleus que le ciel estival ou son joli sourire…et la petite piqûre de jalousie quand Nicolas et la femme de ses rêves se sont mis en couple. Il ne peut pas oublier le rose de ses joues chaque fois que Nicolas l’a fièrement amené à ses conférences médicales et a parlé d’elle devant son audience. Il ne peut pas oublier comment il le trouvait souvent au bureau, bouquet de roses –Oui, Iris préfère les tulipes mais encore touchant --- entre ses mains, sourire béat évident, pour surprendre Iris. Non, Jean-Michel ne peut pas l’oublier.


Son esprit tourne de nouveau, cette fois-ci sur Stéphane --- grand, blond costaud Stéphane. Jean-Michel ne peut pas oublier comment Stéphane était toujours bien habillé et tendance, comme un propre fils unique d’une famille réputée, comme un propre PDG d’une assez grande marque de vêtements sportifs.  Il ne peut pas oublier comment les yeux d’Iris brillaient avec chaque bijou, chaque robe couture, chaque petit trésor que Stéphane lui avait offert. Il ne peut pas oublier le sourire béat sur le visage d’Iris dans ses photos des vacances à Barcelone ou en Australie ou au Brésil avec Stéphane. Non, Jean-Michel ne peut pas oublier.

La raison pour la fin de ces deux relations était simple…pour Iris au moins. Elle a décidé tout simplement qu’ils n’étaient pas l’homme de sa vie. Non, ce n’était pas à cause d’arguments. Personne n’a triché. Par contre, Nicolas et Stéphane n’étaient que si gentils à sa jolie amie.

« Je ne peux pas l’expliquer, Jean-Michel, » elle a dit avec chaque coupure de relation. « Mais, j’ai réalisé qu’il n’était pas ce que mon cœur cherche. Je ne sais pas. »

Et avec ces phrases, ça y était. Ces hommes attirants, bien réussis et gentils ne sont pas le bon pour elle, apparemment….

….Donc, il n’y a aucune raison pour Jean-Michel d’être celui qu’elle cherche. Si Nicolas et Stéphane qui ont offert le monde entier à Iris ne sont pas l’amour de sa vie, qu’est-ce qui lui fait penser qu’elle peut l’aimer ? Qu’est-ce qu’il peut lui donner ? Son amour ? Ses blagues ringardes ? Des chansons ? Ha ! Elle rira et se moquera de lui voyant le peu entre ses mains.

« Je me moque de qui ? » Jean-Michel se demande bougeant la souris pour essayer de supprimer son message. « Elle ne me donnera pas une….NON ! »

Il voit son message dans une boule bleue. À cause de sa précipitation, il l’a accidentellement envoyé.
Immédiatement, les possibilités dansent dans la tête de Jean-Michel. Des larmes commencent à se former.

« Qu’en pensera-t-elle ? » il se dit.
***
Après 7 ans
The pretty girl is so young and tender
You dream about her night and day
And just a thought of a sweet surrender
It takes your breath away

Jean-Michel laisse la chanson le transporter à une journée il y a sept ans. Oui, même après si longtemps il peut toujours se souvenir de tout --- des déjeuners avec une jolie fille aux yeux bleus, des chansons qu’ils partageaient avec l’un et l’autre….et du message envoyé au mauvais moment.

Une larme solitaire tombe de l’un des yeux de Jean-Michel. En effet, comment peut-il oublier le moment où….

« Ah, tu aimes bien cette chanson, non ? »

Il est réveillé de sa rêverie par la femme assise à son côté. Ses cheveux châtains portent d’un ruban violet. Un sourire narquois se forme sur son visage exquis. Ses yeux bleu turquoise sont aussi éclatants  que ceux inscrits dans ses souvenirs du premier moment qu’ils se sont rencontrés.
Jean-Michel sourit d’un air béat.

« Oui, j’y suis accro, » il répond à Iris. « Ma chérie. »

« Ah, Foufou ! »
« Mais, tu sais pourquoi j’adore ce titre. »

« Je sais, mon ange. » dit Iris, ses yeux bleus fixés sur ceux de vert emeraud de Jean-Michel. « C’est la même raison pour laquelle ce titre est spécial pour moi. »

Tout doucement, Jean-Michel prend la main gauche d’Iris dans la sienne et entrelace ses doits avec ceux de sa chérie. Il sent une petite touche de métal et il sourit, sachant que ce n’est que l’or de l’alliance sur l’annulaire d’Iris….une alliance similaire à la sienne.

Jean-Michel  regarde son épouse et commence à rire.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« Oh, rien, ma petite Iris, c’est juste, » Jean-Michel explique « L’Atlanta Rhythm Section s’est trompé, en effet. Parfois, cela vaudrait la peine de poursuivre les jolies filles comme toi. »

Et, bien sûr, la chansons d'où les paroles vient n'est pas la mienne. Hahahaha ! Écoutez ce beau titre d'Atlanta Rhythm Section, si vous voulez:









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