L’Amour est Partout Numéro 1 : La Première Fois Que Je T’ai Vue

Inspirée par mon amie Camille et sa magnifique série  d’histoires d’amour qui ont lieu dans un café, j’ai décidé de créer une telle série. De temps en temps, je vais écrire des histoires de personnes qui ont trouvé l’amour dans un café ou à la poste, dans des endroits aléatoires.

Parce que oui, l’amour est partout.

**

Le moment où je t’ai vue pour la toute première fois, je savais déjà que tu étais la femme avec qui j’avais toujours voulu partager ma vie.

C’était une soirée après mon travail. Honnêtement, je ne savais pas en ce moment-là pourquoi après une longue journée si fatigante à l’hôpital, je devais aller à ce café…en ville…en ville où il y a trop de monde, trop d’embouteillages, trop de bruit. Ça aurait été beaucoup plus facile pour moi si mon nouveau patient avait décidé de me voir dans mon petit village pour sa petite session de consultation. 
Et, bien sûr, il était en retard.

J’ai commencé à être frustré quand tu es entrée au café. En ce moment-là, mon monde s’est immédiatement arrêté.

Tu étais la plus belle femme que j’eusse jamais vue. Tu as porté une robe rose vif avec une jupe qui ressemblait aux pétales d’une tulipe. Tes cheveux châtain étaient parfaitement coiffés en chignon.  Tes boucles d’oreilles en or tintinnabulaient dans le vent. Mais, effectivement, elles ne valent pas tes vrais bijoux : une paire de large yeux bleu turquoise et une sourire éclatant.

Mon cœur savait qui ma vie avait changé en ce moment. Je pouvais sentir ton essence, c’était comme si c’était une rose qui avait fleuri et avait désormais parfumée ma vie. Il y avait une force inexplicable qui tirait mon cœur.

Effectivement, j’ai imaginé ce qui peut se passer entre nous.

J’irais m’avancer vers toi et me présenter. Je dirais que je m’appelle Grégoire, que je suis médecin généraliste en Auvergne. Toi, tu me te présenterais et tu me dirais que tu t’appelais Anne, ou Sophie, ou Claire, peut-être Léa….juste quelque chose simple et court, qui va bien avec Grégoire…pas trop compliqué comme….je ne sais pas, Raphaëlle. Je te parlerais de mon travail, de mes patients --- de Mme. Lenoir qui m’offrait un gâteau chaque fois qu’elle me rend visite, du petit Alexandre Houx, qui adorait discuter avec le Docteur Deschamps de l’astronomie, son petit coup de cœur, même de  M. Jacquard, mon seul patient à Lyon et la raison pour laquelle je suis dans ce café. Tu me sourirais. Apparemment, tu avais toujours voulu quitter la ville et les images des champs de l’Auvergne commenceraient à danser dans ta tête. Tu me parlerais de ta famille, ton travail comme avocate, tes rêves de quitter tout ça et devenir bibliothécaire en campagne. Je plaisanterais, te raconterais mes blagues honnêtement un peu ringardes. Mais, toi, tu rirais. Tu me trouverais marrant.  Tu me ferais un sourire béat et me dirais que tu n’avais jamais été aussi heureuse que ce soir-ci. Ça me donnerait toute la confiance et je te proposerais un dîner romantique. Heureusement pour moi, tu dirais oui.

On ne saurait pas en ce moment, mais ce dîner serait le premier d’une série de sorties ensemble. Un jour sur deux,  je prendrais le train vers Lyon pour te voir. Parfois, on irait au cinéma pour voir l’une de ces comédies-romantiques un peu farfelues que tu aimais. Parfois, on dînerait ensemble ou aurait un pique-nique. Mais, toujours, toujours, on discuterait de nos vies, de nos rêves, de la vie qu’on imaginait. Et, on rirait, oh. On rirait. Ça serait notre routine….jusqu’à-ce que j’entende la sonnette, j’ouvre la porte et...te voilà. Apparemment, tu avais décidé qu’il était grand temps d’emménager en campagne. Après tout, ça avait toujours fait partie de tes rêves --- une vie simple et tranquille en campagne en tant que bibliothécaire…une vie simple avec moi.  J’irais t’aider à trouver une petite maison près de chez moi et tu deviendrais la bibliothécaire bien aimée par notre petite commune. Et bien, sûr, je commencerais à te voir tous les jours.

Et tout le monde connaîtrait le suite. Deux ans et demi après notre rencontre, tu m’épouserais à la petite chapelle de notre village. Des larmes dans mes yeux, je te promettrais d’être toujours le tien. Un an et demi après notre mariage, tu mettrais au monde notre premier enfant, un petit garçon nommé Yves après mon père. Yves Grégoire…hmm….je ne sais pas encore. Certainement, pas Xavier, un prénom que je n’aime pas du tout…Deschamps.  Yves serait suivi par sa sœur, une petite fille qui te ressemblerait et qui s’appellerait Marie-Claudine, puis des jumeaux, Paul et Alain compléteraient notre famille. Et, oh, on serait contents, nous six.

Et je savais que tout ça pouvait commencer si je m’avançais vers…

« Raphaëlle chérie ! »

« Mon Xavier ! »

Je t’ai vue  dans les bras d’un homme en costume gris. Ses yeux vert clair étaient derrière une paire des lunettes très tendance, du moins selon les magazines dans ma clinique. Ses cheveux blonds étaient probablement coupés par l’un de ces coiffeurs en ville trop chers. Ses bras qui t’enveloppaient et ta main gauche sur sa joue m’ont enfin laissé voir....des alliances identiques sur vos annulaires.

« Mon amour, » tu as dit à Xavier. « Désolée que je sois en retard. »

« Ce n’est pas grave, ma petite beauté, » il a répondu. « Tant que tu es avec moi. »

Oui, tu es avec lui. Je comprends.

Le moment où je t’ai vu pour la toute première fois, je savais déjà que tu étais la femme avec qui j’avais toujours voulu partager ma vie. Malheureusement pour moi, Xavier était l’homme que tu avais choisi de partager la tienne.

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Version Anglaise:


The first time I ever saw you, I already knew that you were the woman I've always wanted to share my life with.

It was just some night after work. Honestly, I didn't know why on earth after a very long, tiring day at the hospital, I had to drag myself to this café --- this café in the middle of an overcrowded, boisterous city where there are traffic jams everywhere. Wouldn't it have been so much easier for me if this new patient just decided to come to my small town for this consultation session. Ugh, and he was late too.

I was starting to get frustrated when you walked in. And just like that, my world stopped.

You were the most beautiful woman that I had ever seen. You were wearing a bright pink dress with a skirt bit that looked like tulip petals. Your chestnut waves were perfectly gathered in a chignon with strands that fell to your milky shoulders. Your earrings were like chimes that danced and sung in the wind. But all of that was nothing compared to your real jewels: a pair of large blue-green eyes and a smile that lit up the café.

And my heart knew, just knew, that life had changed for me in an instant. I could feel your essence. It was as if it were a rose that had suddenly bloomed and perfumed my life. There was just something, some inexplicable force that pulled at my heartstrings.

I imagined what could happen between us.

I would have the courage to go up to you and introduce myself as Grégoire, a general practitioner in Auvergne. You would then go reply that you were named Anne or Sophie or Claire, maybe Léa. I don't know. Something that goes with Grégoire, nothing too fancy like...I don't know... Raphaëlle. I'd talk to you about my life as a doctor, about my patients. I'd tell you about Mme. Lenoire who gave me a cake every time she came to me, about little Alexandre Houx who just couldn't stop discussing with Dr. Deschamps about astronomy, the subject that has taken over his interests. I'd even talk to you about M. Jacquard, my only patient in Lyon and the reason I'm here in this café. Then, you would smile at me. Apparently, you had always wanted to leave the big cit, and because of my stories, images of green Auvergne fields started to dance in your head. You'd then tell me about your family, your job as a lawyer...and how you'd just like to leave it all to be a librarian in a small town. I'd even joke around with you, show you my honestly awful humour. But, you'd laugh. You'd actually find me funny. Then, you'd tell me something that'd make my confidence shoot up: that you'd never been as happy as you were now, sitting with me. That would be it. I'd invite you to dinner, and you'd say yes.

That'd be the first of many evenings spent together. Every other day, without fail, I would take the train to Lyon to see you. Sometimes, we would go out and watch one of those cheesy romantic comedies you loved. Some nights, we'd have dinner together or have a picnic. But always, always, we would end up talking about our lives, our dreams, even those figments of our imaginations. And we'd laugh, laugh hard. That would become our routine until....one day, I'd hear my doorbell ring, open the door....and there you'd be. Apparently, you'd have had it with city life and have decided to finally go after your dream of moving to a small town, being a librarian....and being close to me. I'd go and eventually help you get a little cottage near where I live, and you'd eventually find your place as the well-loved librarian of our small town. And of course, I'd get to see you now every day.

And the rest would become history. Two and a half years after we'd first met, you would marry me in that little chapel in the middle of the village. With tears in my eyes, I'd go promise to be yours for all my life. A year and a half after the wedding, you'd give birth to our first child named Yves after my father. Yves Grégoire....hmmm....I still don't know. Definitely, it wouldn't be Xavier, a name that I just never liked.....something Deschamps. And then, Yves would be followed by her little sister, a little girl who looks exactly like you named Marie-Claudine. A pair of twins, Paul and Alain, would complete our family. And, oh, we'd be so happy, the six of us.

And all of that could start if I just walk up to yo....

"Raphaëlle, darling !"

"Oh, my Xavier !"

It's then I saw you in the arms of a man in a gray tailored suit. His light green eyes were framed in these trendy spectacles --- well, at least according to those magazines in my clinic. His blond hair was probably styled by one of those expensive salons here in the city. His arm around you and your left hand on his cheek let me finally see....identical wedding rings on your fingers.

"Sorry, I'm late, dear," you told Xavier.

"It's alright, beautiful," he replies. "As long as you end up being with me."

You are indeed with him. I understand.

The first time I ever saw you, I already knew that you were the woman I had always wanted to share my life with. Unfortunately, the man you'd always wanted to share yours was Xavier.


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